Les Noces de Jeannette

Les Noces de JeanetteOpera Comique en un acte de Victor Massé

Synopsis

Quelque part dans un village de France, Jean, un jeune paysan sans famille, resté célibataire, s'est amouraché d'une fille sage et charmante, Jeannette, qui l'aime aussi et a accepté de l'épouser. Mais voilà : une fois devant le maire et le notaire, le promis est pris tout à coup d'une sainte crainte du mariage et se réfugie chez lui avant de prononcer le « oui » de circonstance. Aïe ! Jeannette paraît : elle veut savoir pourquoi il a changé d'avis. Jean avoue que la peur du mariage en est la cause et comme elle paraît prendre les choses du bon côté, il part rejoindre ses amis au cabaret. Or, Jeannette a bien de la peine : c'est qu'elle l'aime, son Jean ! Le voyant par la fenêtre embrasser Rose, et Margot, la fille... complaisante du village, elle jure de se venger et sort.

Jean passablement éméché, revient chercher son bouquet de marié, pour l'offrir à ces dames. Mais Jeannette reparaît : elle déclare vouloir une revanche et d'ailleurs, elle lui déclare qu’elle précède son père qui arrive, armé de ses pistolets.
Jean, terrorisé, signe le contrat de mariage qu’elle lui tend, mais elle déclare qu'elle ne le signera pas, voulant simplement montrer au village que c'est elle et non lui, qui a refusé. Elle le fait sortir sous le premier prétexte venu, signe à son tour, confie le papier à son petit cousin et informe Jean... qu'ils sont mariés ; car elle l'aime toujours !

Jean, fou furieux, promet à Jeannette que sa vie avec lui sera un enfer. Il brise tous les meubles et monte à l'étage cuver son vin. Jeannette ramasse l'habit de noce tout déchiré du garçon, le recoud, et fait remplacer le mobilier cassé par les meubles de sa dot. Elle met un couvert sur la table et disparaît dans la cuisine préparer une omelette (Jean adore ça !).
Jean reparaît. Il est stupéfait de voir les nouveaux meubles et d'entendre Jeannette chanter dans la pièce voisine. Attendri, séduit, il déclare ne pas vouloir manger seul le repas qu'elle lui a préparé. Et les deux époux tombent dans les bras l’un de l’autre…

Note d'Intention

'Les Noces de Jeannette, opéra comique en un acte rencontra un immense succès à sa création et aujourd'hui trop rarement représenté. Peut-être à cause de son intrigue aux relents pittoresques et réacs de drame paysan: Jeannette soumise et humiliée à l'autel subit les caprices d'un Jean fêtard et irresponsable, qui se rend à la raison, et finit par se ranger en l'épousant. Aujourd'hui, nous traduisons: deux victimes de l'ordre social. Du moins en apparence. La cruauté du jeu amoureux et des conventions est bien là, comme chez Marivaux. Mais on voit émerger une Jeanette conquérante et séductrice. Jeannette est bien loin de la femme d'intérieur que Jean (lâche, ivrogne et vulgaire, mais bon fond), désire, et qu'elle s'imagine un temps vouloir devenir : quand Janet tente de recoudre l'habit de marié de Jean, elle y échoue lamentablement. Abandonnée devant l'autel, son humiliation révèle sa vraie personnalité, volcanique. Ayant obtenu la signature de Jean, ivre et craintif, au bas du contrat de mariage, elle hésite à signer à son tour, préférant un temps la volupté de la vengeance à la tranquillité routinière de la vie en ménage. 
Jeannette blessée dans sa dignité est libérée, libérée de toute contrainte, de toute soumission ou devoir de future épouse, et s'acharne sur le pauvre Jean. Elle manipule, terrifie, et finalement séduit. Et ce n'est ni par ses talents inexistants de couturière, de cuisinière ou le mobilier offert par sa marraine, mais finalement par sa voix qu'elle le conquiert. Jean l'entend chanter, rend les armes, et, ô plaisir! c'est de la musique même que naissent l'amour et la réconciliation entre ces deux êtres dissemblables.' 

- Olivier Treiner, metteur en scène

 

Distribution

Chanteurs

Marion Dhombres - soprano
Raphaël Treiner - baryton

Pianiste 

Charles Lavaud

Metteur en scène 

Olivier Treiner